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Exercices 20.5 Exercices

1.

Si \(F\) est un corps, montrer que \(F[x]\) est un espace vectoriel sur \(F\text{,}\) où les vecteurs dans \(F[x]\) sont des polynômes. L’addition vectorielle est l’addition de polynômes, et la multiplication scalaire est définie par \(\alpha p(x)\) pour \(\alpha \in F\text{.}\)

2.

Démontrer que \({\mathbb Q }( \sqrt{2}\, )\) est un espace vectoriel.

3.

Soit \({\mathbb Q }( \sqrt{2}, \sqrt{3}\, )\) le corps engendré par les éléments de la forme \(a + b \sqrt{2} + c \sqrt{3} + d \sqrt{6}\text{,}\)\(a, b, c, d\) sont dans \({\mathbb Q}\text{.}\) Démontrer que \({\mathbb Q }( \sqrt{2}, \sqrt{3}\, )\) est un espace vectoriel de dimension \(4\) sur \({\mathbb Q}\text{.}\) Trouver une base de \({\mathbb Q }( \sqrt{2}, \sqrt{3}\, )\text{.}\)
Indication.
\({\mathbb Q}(\sqrt{2}, \sqrt{3}\, )\) a pour base \(\{ 1, \sqrt{2}, \sqrt{3}, \sqrt{6}\, \}\) sur \({\mathbb Q}\text{.}\)

4.

Démontrer que les nombres complexes sont un espace vectoriel de dimension \(2\) sur \({\mathbb R}\text{.}\)

5.

Démontrer que l’ensemble \(P_n\) de tous les polynômes de degré inférieur à \(n\) forme un sous-espace de l’espace vectoriel \(F[x]\text{.}\) Trouver une base de \(P_n\) et calculer la dimension de \(P_n\text{.}\)
Indication.
L’ensemble \(\{ 1, x, x^2, \ldots, x^{n-1} \}\) est une base de \(P_n\text{.}\)

6.

Soit \(F\) un corps et notons l’ensemble des \(n\)-uplets de \(F\) par \(F^n\text{.}\) Étant donnés des vecteurs \(u = (u_1, \ldots, u_n)\) et \(v = (v_1, \ldots, v_n)\) dans \(F^n\) et \(\alpha\) dans \(F\text{,}\) définir l’addition vectorielle par
\begin{equation*} u + v = (u_1, \ldots, u_n) + (v_1, \ldots, v_n) = (u_1 + v_1, \ldots, u_n + v_n) \end{equation*}
et la multiplication scalaire par
\begin{equation*} \alpha u = \alpha(u_1, \ldots, u_n)= (\alpha u_1, \ldots, \alpha u_n)\text{.} \end{equation*}
Démontrer que \(F^n\) est un espace vectoriel de dimension \(n\) pour ces opérations.

7.

Lesquels des ensembles suivants sont des sous-espaces de \({\mathbb R}^3\) ? Si l’ensemble est effectivement un sous-espace, trouver une base de ce sous-espace et calculer sa dimension.
  1. \(\displaystyle \{ (x_1, x_2, x_3) : 3 x_1 - 2 x_2 + x_3 = 0 \}\)
  2. \(\displaystyle \{ (x_1, x_2, x_3) : 3 x_1 + 4 x_3 = 0, 2 x_1 - x_2 + x_3 = 0 \}\)
  3. \(\displaystyle \{ (x_1, x_2, x_3) : x_1 - 2 x_2 + 2 x_3 = 2 \}\)
  4. \(\displaystyle \{ (x_1, x_2, x_3) : 3 x_1 - 2 x_2^2 = 0 \}\)
Indication.
(a) Sous-espace de dimension \(2\) avec base \(\{(1, 0, -3), (0, 1, 2) \}\) ; (d) pas un sous-espace.

8.

Montrer que l’ensemble de toutes les solutions possibles \((x, y, z) \in {\mathbb R}^3\) des équations
\begin{align*} Ax + B y + C z & = 0\\ D x + E y + C z & = 0 \end{align*}
forme un sous-espace de \({\mathbb R}^3\text{.}\)

9.

Soit \(W\) le sous-ensemble des fonctions continues sur \([0, 1]\) tel que \(f(0) = 0\text{.}\) Démontrer que \(W\) est un sous-espace de \(C[0, 1]\text{.}\)

10.

Soit \(V\) un espace vectoriel sur \(F\text{.}\) Démontrer que \(-(\alpha v) = (-\alpha)v = \alpha(-v)\) pour tout \(\alpha \in F\) et tout \(v \in V\text{.}\)
Indication.
Puisque \(0 = \alpha 0 = \alpha(-v + v) = \alpha(-v) + \alpha v\text{,}\) il s’ensuit que \(- \alpha v = \alpha(-v)\text{.}\)

11.

Soit \(V\) un espace vectoriel de dimension \(n\text{.}\) Démontrer chacune des affirmations suivantes.
  1. Si \(S = \{v_1, \ldots, v_n \}\) est un ensemble de vecteurs linéairement indépendants de \(V\text{,}\) alors \(S\) est une base de \(V\text{.}\)
  2. Si \(S = \{v_1, \ldots, v_n \}\) engendre \(V\text{,}\) alors \(S\) est une base de \(V\text{.}\)
  3. Si \(S = \{v_1, \ldots, v_k \}\) est un ensemble de vecteurs linéairement indépendants de \(V\) avec \(k \lt n\text{,}\) alors il existe des vecteurs \(v_{k + 1}, \ldots, v_n\) tels que
    \begin{equation*} \{v_1, \ldots, v_k, v_{k + 1}, \ldots, v_n \} \end{equation*}
    soit une base de \(V\text{.}\)

12.

Démontrer que tout ensemble de vecteurs contenant \({\mathbf 0}\) est linéairement dépendant.
Indication.
Soient \(v_0 = 0, v_1, \ldots, v_n \in V\) et \(\alpha_0 \neq 0, \alpha_1, \ldots, \alpha_n \in F\text{.}\) Alors \(\alpha_0 v_0 + \cdots + \alpha_n v_n = 0\text{.}\)

13.

Soit \(V\) un espace vectoriel. Montrer que \(\{ {\mathbf 0} \}\) est un sous-espace de \(V\) de dimension zéro.

14.

Si un espace vectoriel \(V\) est engendré par \(n\) vecteurs, montrer que tout ensemble de \(m\) vecteurs dans \(V\) est nécessairement linéairement dépendant pour \(m \gt n\text{.}\)

15. Transformations linéaires.

Soient \(V\) et \(W\) des espaces vectoriels sur un corps \(F\text{,}\) de dimensions \(m\) et \(n\) respectivement. Si \(T: V \rightarrow W\) est une application satisfaisant
\begin{align*} T( u+ v ) & = T(u ) + T(v)\\ T( \alpha v ) & = \alpha T(v) \end{align*}
pour tout \(\alpha \in F\) et tous \(u, v \in V\text{,}\) alors \(T\) est appelée une transformation linéaire de \(V\) dans \(W\text{.}\)
  1. Démontrer que le noyau de \(T\text{,}\) \(\ker(T) = \{ v \in V : T(v) = {\mathbf 0} \}\text{,}\) est un sous-espace de \(V\text{.}\) Le noyau de \(T\) est parfois appelé l’ espace nul de \(T\text{.}\)
  2. Démontrer que l’image ou l’espace image de \(T\text{,}\) \(R(V) = \{ w \in W : T(v) = w \text{ pour un certain } v \in V \}\text{,}\) est un sous-espace de \(W\text{.}\)
  3. Montrer que \(T : V \rightarrow W\) est injective si et seulement si \(\ker(T) = \{ \mathbf 0 \}\text{.}\)
  4. Soit \(\{ v_1, \ldots, v_k \}\) une base du noyau de \(T\text{.}\) On peut étendre cette base en une base \(\{ v_1, \ldots, v_k, v_{k + 1}, \ldots, v_m\}\) de \(V\text{.}\) Pourquoi ? Démontrer que \(\{ T(v_{k + 1}), \ldots, T(v_m) \}\) est une base de l’image de \(T\text{.}\) Conclure que l’image de \(T\) est de dimension \(m - k\text{.}\)
  5. Soit \(\dim V = \dim W\text{.}\) Montrer qu’une transformation linéaire \(T : V \rightarrow W\) est injective si et seulement si elle est surjective.
Indication.
(a) Soient \(u, v \in \ker(T)\) et \(\alpha \in F\text{.}\) Alors
\begin{gather*} T(u +v) = T(u) + T(v) = 0\\ T(\alpha v) = \alpha T(v) = \alpha 0 = 0\text{.} \end{gather*}
Donc \(u + v, \alpha v \in \ker(T)\text{,}\) et \(\ker(T)\) est un sous-espace de \(V\text{.}\)
(c) L’affirmation que \(T(u) = T(v)\) est équivalente à \(T(u-v) = T(u) - T(v) = 0\text{,}\) ce qui est vrai si et seulement si \(u-v = 0\) ou \(u = v\text{.}\)

16.

Soient \(V\) et \(W\) des espaces vectoriels de dimension finie \(n\) sur un corps \(F\text{.}\) Supposons que \(T: V \rightarrow W\) est un isomorphisme d’espaces vectoriels. Si \(\{ v_1, \ldots, v_n \}\) est une base de \(V\text{,}\) montrer que \(\{ T(v_1), \ldots, T(v_n) \}\) est une base de \(W\text{.}\) Conclure que tout espace vectoriel sur un corps \(F\) de dimension \(n\) est isomorphe à \(F^n\text{.}\)

17. Sommes directes.

Soient \(U\) et \(V\) des sous-espaces d’un espace vectoriel \(W\text{.}\) La somme de \(U\) et \(V\text{,}\) notée \(U + V\text{,}\) est définie comme l’ensemble de tous les vecteurs de la forme \(u + v\text{,}\)\(u \in U\) et \(v \in V\text{.}\)
  1. Démontrer que \(U + V\) et \(U \cap V\) sont des sous-espaces de \(W\text{.}\)
  2. Si \(U + V = W\) et \(U \cap V = {\mathbf 0}\text{,}\) alors \(W\) est dit être la somme directe. Dans ce cas, on écrit \(W = U \oplus V\text{.}\) Montrer que tout élément \(w \in W\) peut s’écrire de manière unique comme \(w = u + v\text{,}\)\(u \in U\) et \(v \in V\text{.}\)
  3. Soit \(U\) un sous-espace de dimension \(k\) d’un espace vectoriel \(W\) de dimension \(n\text{.}\) Démontrer qu’il existe un sous-espace \(V\) de dimension \(n-k\) tel que \(W = U \oplus V\text{.}\) Le sous-espace \(V\) est-il unique ?
  4. Si \(U\) et \(V\) sont des sous-espaces quelconques d’un espace vectoriel \(W\text{,}\) montrer que
    \begin{equation*} \dim( U + V) = \dim U + \dim V - \dim( U \cap V)\text{.} \end{equation*}
Indication.
(a) Soient \(u, u' \in U\) et \(v, v' \in V\text{.}\) Alors
\begin{align*} (u + v) + (u' + v') & = (u + u') + (v + v') \in U + V\\ \alpha(u + v) & = \alpha u + \alpha v \in U + V\text{.} \end{align*}

18. Espaces duaux.

Soient \(V\) et \(W\) des espaces vectoriels de dimension finie sur un corps \(F\text{.}\)
  1. Montrer que l’ensemble de toutes les transformations linéaires de \(V\) dans \(W\text{,}\) noté \(\Hom(V, W)\text{,}\) est un espace vectoriel sur \(F\text{,}\) où l’on définit l’addition vectorielle comme suit :
    \begin{align*} (S + T)(v) & = S(v) +T(v)\\ (\alpha S)(v) & = \alpha S(v)\text{,} \end{align*}
    \(S, T \in \Hom(V, W)\text{,}\) \(\alpha \in F\) et \(v \in V\text{.}\)
  2. Soit \(V\) un \(F\)-espace vectoriel. Définir l’espace dual de \(V\) comme \(V^* = \Hom(V, F)\text{.}\) Les éléments de l’espace dual de \(V\) sont appelés formes linéaires. Soit \(v_1, \ldots, v_n\) une base ordonnée de \(V\text{.}\) Si \(v = \alpha_1 v_1 + \cdots + \alpha_n v_n\) est un vecteur quelconque dans \(V\text{,}\) définir une forme linéaire \(\phi_i : V \rightarrow F\) par \(\phi_i (v) = \alpha_i\text{.}\) Montrer que les \(\phi_i\) forment une base de \(V^*\text{.}\) Cette base est appelée la base duale de \(v_1, \ldots, v_n\) (ou simplement la base duale si le contexte rend le sens clair).
  3. Considérer la base \(\{ (3, 1), (2, -2) \}\) de \({\mathbb R}^2\text{.}\) Quelle est la base duale de \(({\mathbb R}^2)^*\) ?
  4. Soit \(V\) un espace vectoriel de dimension \(n\) sur un corps \(F\) et soit \(V^{* *}\) l’espace dual de \(V^*\text{.}\) Montrer que chaque élément \(v \in V\) donne naissance à un élément \(\lambda_v\) dans \(V^{**}\) et que l’application \(v \mapsto \lambda_v\) est un isomorphisme de \(V\) avec \(V^{**}\text{.}\)