Soit \(S = \{v_1, v_2, \ldots,
v_n\}\) un ensemble de vecteurs dans un espace vectoriel \(V\text{.}\) S’il existe des scalaires \(\alpha_1, \alpha_2 \ldots \alpha_n \in F\) tels que les \(\alpha_i\) ne soient pas tous nuls et que
alors \(S\) est dit linéairement dépendant. Si l’ensemble \(S\) n’est pas linéairement dépendant, alors il est dit linéairement indépendant. Plus précisément, \(S\) est un ensemble linéairement indépendant si
Un ensemble \(\{ v_1, v_2, \dots,
v_n \}\) de vecteurs dans un espace vectoriel \(V\) est linéairement dépendant si et seulement si l’un des \(v_i\) est une combinaison linéaire des autres.
Supposons que \(\{ v_1, v_2, \dots,
v_n \}\) est un ensemble de vecteurs linéairement dépendants. Alors il existe des scalaires \(\alpha_1, \ldots, \alpha_n\) tels que
La proposition suivante est une conséquence du fait que tout système d’équations linéaires homogènes avec plus d’inconnues que d’équations admet une solution non triviale. Nous laissons les détails de la démonstration aux exercices de fin de chapitre.
Supposons qu’un espace vectoriel \(V\) est engendré par \(n\) vecteurs. Si \(m \gt n\text{,}\) alors tout ensemble de \(m\) vecteurs dans \(V\) est nécessairement linéairement dépendant.
Un ensemble \(\{ e_1, e_2, \ldots,
e_n \}\) de vecteurs dans un espace vectoriel \(V\) est appelé une base de \(V\) si \(\{ e_1, e_2, \ldots,
e_n \}\) est un ensemble linéairement indépendant qui engendre \(V\text{.}\)
Les vecteurs \(e_1 = (1, 0, 0)\text{,}\)\(e_2 = (0, 1, 0)\) et \(e_3 =(0, 0, 1)\) forment une base de \({\mathbb R}^3\text{.}\) Cet ensemble engendre certainement \({\mathbb R}^3\text{,}\) car tout vecteur arbitraire \((x_1, x_2, x_3)\) dans \({\mathbb R}^3\) peut s’écrire \(x_1 e_1 + x_2 e_2 + x_3 e_3\text{.}\) De plus, aucun des vecteurs \(e_1, e_2, e_3\) ne peut s’écrire comme combinaison linéaire des deux autres ; ils sont donc linéairement indépendants. Les vecteurs \(e_1, e_2, e_3\) ne sont pas la seule base de \({\mathbb R}^3\) : l’ensemble \(\{ (3, 2, 1), (3, 2, 0), (1, 1, 1) \}\) est aussi une base de \({\mathbb R}^3\text{.}\)
Soit \({\mathbb Q}( \sqrt{2}\, ) = \{ a + b \sqrt{2} : a, b \in {\mathbb Q} \}\text{.}\) Les ensembles \(\{1, \sqrt{2}\, \}\) et \(\{1 + \sqrt{2}, 1 - \sqrt{2}\, \}\) sont tous deux des bases de \({\mathbb Q}( \sqrt{2}\, )\text{.}\)
D’après les deux derniers exemples, il devrait être clair qu’un espace vectoriel donné possède plusieurs bases. En fait, il existe une infinité de bases pour chacun de ces exemples. En général, il n’existe pas de base unique pour un espace vectoriel. Cependant, toute base de \({\mathbb R}^3\) est constituée d’exactement trois vecteurs, et toute base de \({\mathbb Q}(\sqrt{2}\, )\) est constituée d’exactement deux vecteurs. Ceci est une conséquence de la proposition suivante.
Puisque \(\{ e_1, e_2, \ldots,
e_m \}\) est une base, c’est un ensemble linéairement indépendant. D’après la Proposition 20.3.3, \(n \leq m\text{.}\) De même, \(\{ f_1, f_2, \ldots,
f_n \}\) est un ensemble linéairement indépendant, et la dernière proposition implique que \(m \leq n\text{.}\) Par conséquent, \(m = n\text{.}\)
Si \(\{ e_1, e_2, \ldots, e_n \}\) est une base d’un espace vectoriel \(V\text{,}\) alors on dit que la dimension de \(V\) est \(n\) et on écrit \(\dim V =n\text{.}\) Nous laissons la démonstration du théorème suivant comme exercice.
Si \(S = \{v_1, \ldots,
v_k \}\) est un ensemble de vecteurs linéairement indépendants de \(V\) avec \(k \lt n\text{,}\) alors il existe des vecteurs \(v_{k + 1}, \ldots, v_n\) tels que